Intérieur et extérieur en bois : style de décoration et pure tradition des japonais.

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Bien que le Japon soit un groupe d’îles. Ainsi, il couvre une large zone. En particulier, dans la zone centrale où le climat est relativement doux et assez humide. C’est là que se trouve Kyoto. En outre, chez les Japonais, le bois y est un matériau abondant. Ce qui le rend très adapté à la construction et à la fabrication des objets de décoration intérieure.

Intérieur en bois, la pure tradition japonaise

Il y a plusieurs années, à Kyoto et dans d’autres villes du Japon, nous avons visité certaine maison traditionnelle japonaise. Et à notre plus grand surpris, cette visite intérieure nous a fait ressentir, aussi intensément, les qualités matérielles et même spirituelles du bois, dans le quotidien des Japonais. Comme toute architecture traditionnelle, résultat d’une adaptation judicieuse à l’environnement et à l’évolution naturelle, au cours de centaines d’années, la décoration de ces maisons répondent simplement, logiquement et efficacement aux besoins de leur environnement.

Les Japonais, toujours virtuoses dans l’utilisation du bois

Lors l’Exposition universelle de Séville, où l’œuvre de Tadao Ando était exposé, encore enfant, nous nous souvenons toujours, notre impression, lorsque nous avons visité le pavillon japonais. C’était un énorme bâtiment en bois, sans vis ni clous. Cette caractéristique était l’une de ses principales attractions. Cela, au point qu’il était l’un des pavillons les plus visités de la foire.

En fait, comme dans les anciens palais japonais, toutes les connexions entre les pièces sont faites au moyen de joints à rainure et languette. Les piliers, en bois stratifié et d’une hauteur de plus de 17 mètres, sont regroupés par quatre. L’échelle de ses supports structurels est monumentale, ainsi que la manière dont les pièces sont assemblées. Et leur caractère est interchangeable et récupérable. La construction, avec des corbeaux superposés ou la forme courbe de leur façade, font référence à l’architecture japonaise traditionnelle.

De la même manière que ces grands palais et temples, dans les espaces domestiques japonais, le bois construit presque tout. Tous les objets de décoration intérieure, d’une maison japonaise, sont faits de bois. Il configure de l’anatomie structurelle primitive aux plus petits détails subtils et raffinés.

Les bois, objets sacrés pour les japonais

Tout commence par une planche, avec un plan horizontal légèrement surélevé par rapport au sol irrégulier et terreux. Celle-ci n’est pas une décoration. Mais, apparemment, quelque peu éloignée de l’espace public qui l’entoure, elle délimite les zones les plus intimes de la maison japonaise. Pourtant, ces endroits ne sont pas toujours privés, au moyen d’une plate-forme qui lui donne un caractère quasi sacré. Malgré cela, pour les Japonais, c’est une architecture qui est proche, calme, modeste et ouverte.

La montée à la plateforme a un certain caractère initiatique ou rituel, pour les Japonais. Ce qui est très courant dans la culture japonaise ancestrale. Ici, nous pourrions rappeler Santiago de Molina. Dans son texte, intitulé “Un paso mágico” qui signifie “Un pas magique”, il raconte merveilleusement ce que signifie le moment précédant l’entrée dans le pavillon de la pelouse supérieure. C’est une œuvre d’art des architectes anglais Alison et Peter Smithson [I].

Car, en fait, pour monter sur ce plan horizontal, il faut enlever les chaussures. De cette façon, on peut sentir, les grandes planches, du bois pin noir japonais, craquées sous nos pieds. Certainement, cela est l’une des expériences les plus intenses que l’on puisse vivre en matière d’architecture.

La tradition japonaise, elle sera sur cette Planche

Apparemment, en lévitation mais en réalité soutenue par quelques simples objets en bois. À partir desquels, la maison japonaise se développera et établira ses propres principes et règles. Tout se passera sur ce plan horizontal élevé. Et l’horizontalité sera la composante prédominante.

De plus, on pourrait dire que, malgré sa légèreté, ce plan horizontal exerce une grande force gravitationnelle sur tout corps qui y est posé. Et qu’il soit animé ou inanimé. C’est pourquoi, on n’ose même pas marcher, sur cette sorte de tapis volant et suspendu des Japonais.

Et à l’intérieur d’une maison japonaise, tout conduit à un centre de gravité très bas et à un point de vue très bas. Cela correspondant à celui d’une personne assise directement sur le plan du sol. Comme dans les films de Yasujiro Ozu (Fig. 03), par exemple, cela se voit parfaitement.

Chez les Japonais, le bois prouve la présence humaine

Mais la maison japonaise n’est pas qu’une simple planche. Son intérieur révèle une structure de style stricte et ordonnée. Elle est faite de poutres et de piliers en bois. Elle enveloppe, et se module, obsessionnellement, sur la base du tatami, une surface anthropomorphique et anthropométrique. Une fois de plus, avec cet art japonais, l’être humain est présent. C’est ce qui légitime un mètre carré occidental.

Le tatami, en revanche, trouve son origine, dans la mesure humaine. Il constitue une sorte de modulateur oriental primitif.

D’ici, les espaces continuent et sont polyvalentes. Elles sont configurées au moyen de panneaux coulissants légers. Avec des cadres en bois et des intérieurs en papier de riz, elles sont chargées de transparences et de translucidités suggestives. De la sorte, elles suivent l’ordre initial marqué par la structure. Beaucoup plus qu’une décoration, il n’est pas étonnant que ces structures et ces espaces aient fasciné les premiers architectes modernes. Comme aux États-Unis et en Europe, par exemple, il y a : Frank Lloyd Wright, Bruno Taut [II] ou Mies van der Rohe. Ou encore Louis Kahn, dont les espaces servants et desservis ont beaucoup en commun avec ceux de ces maisons japonaises. Elles accumulent les espaces “sales” de manière stratégiquement dense et compacte, permettant au reste des pièces d’être libérées et indifférenciées.

Enfin, nous mentionnerons la présence continue de l’exubérante nature extérieure. Celle qui sert de toile de fond, pour la maison des Japonais. Ses couleurs et ses formes changent selon les saisons. Encadrée entre les piliers et les grands avant-toits, en bois, elle constitue les engawa. Ce sont les espaces, à mi-chemin, entre l’intérieur et l’extérieur.

Un dialogue s’établit ainsi entre le bois intérieur, manipulé, avec beaucoup de design, par l’homme, et le bois extérieur de la maison. Celui qui est vivant. Et compte tenu du caractère régénérateur de ces architectures, il servira peut-être, pour certaines d’entre elles. Ainsi, il peut se servir de substitut à ce même bâtiment japonais. Aujourd’hui, ces espaces ambigües, tant de l’intérieur qu’extérieur de la maison des Japonais, continuent de nous faire tomber amoureux. Et des architectes comme, l’Australien Glenn Murcutt, ont généralement relus dans leurs projets résidentiels.

Nous pourrions également parler des nombreux types de joints entre les pièces, ainsi que des différentes techniques de préservation du bois. Parmi lesquelles, celle de la carbonisation, le Shou Sugi Ban. Peut-être dans un autre texte.

En grande partie, tout cela est possible, grâce à la polyvalence du bois. Ainsi, la maison, dans laquelle, nous aimerions vivre un jour, ressemblerait probablement beaucoup à une simple maison traditionnelle des Japonais.